Tutoriels Bd

Pour la petite histoire :

Jusqu’où aller pour retracer la narration d’un récit en images ? Certains ont fait remonter l’origine de la «Bande Dessinée» à Lascaux : Il y a 30.000 ans, Cro-Magnon ne sachant pas écrire va commencer à peindre sur les murs des grottes. Ces peintures racontent des histoires et sont parfois même en mouvement !

Sans aller si loin, on considère plus généralement que les premières associations de texte et d’images pouvant être qualifiées de « bandes dessinées » datent du début du 19ème siècle avec les oeuvres de Rodolphe Topfer. Vient un peu plus tard l’âge d’or des comics strips américain, vers les années 30, l’ère des Super Héros ou encore les aventures d’un fameux reporter et son petit chien blanc, de l’autre côté du globe.

Ce qui est sûr, c’est que l’Homme a toujours raconté des histoires en images.

Différents genres de BD

Aujourd’hui la BD telle qu’on la connait s’est largement démocratisée, elle est même considérée comme étant le « 9ème Art ». Différents genres existent, avec ou sans textes, en couleur ou en noir et blanc…

La BD Franco-Belge, Le comics, Le manga ou les romans graphiques sont les catégories de Bandes Dessinées les plus répandues.

La base

De quoi est composée une page de Bande Dessinée ?

On appelle planche la page entière d’une BD, elle est composée de plusieurs images qui se suivent : les vignettes (ou cases). Une succession horizontale de plusieurs vignettes est appelée une bande (ou strip).

Les vignettes

Les formes des vignettes sont multiples. Cela peut être un choix esthétique mais surtout un choix narratif. À vous de choisir la forme appropriée à la mise en scène de votre choix :

À titre d’exemple, une succesion de petites cases favorise une lecture rapide et dynamique, tandis qu’une case plus allongée va permettre de ralentir l’action, pour des moments plus contemplatifs.

Exemples des différents formats de cases utilisable sur le site.

L’intérieur des cases ?

Regroupons ensemble différents éléments qui composent généralement les vignettes des BD.

1 – Récitatif : Il s’agit de textes courts (« Pendant ce temps… » ; « Le lendemain matin… ») ou plus étoffés pour expliquer ou détailler une action.

Un encadré contenant plus d’éléments explicatifs, narratifs et descriptif peut être appelé aussi un «cartouche». Cela se trouve régulièrement au début ou à la fin d’une histoire.

2 – La bulle : Son rôle est essentiel ! La bulle indique qui parle et de quelle façon il s’exprime.
Leurs formes sont variables et contiennent les paroles ou les pensées des personnages. On l’appelle aussi «phylactère».

Si votre personnage parle (a), pense (b), tremble de peur (c) ou hurle (d), les bulles s’adaptent et ont un rôle.

L’appendice (ou queue) Pointe toujours vers la source du son, généralement la tête du personnage qui parle !

L’exemple de cette dernière bulle venue de nulle part est donc intéressant puisque le personnage en question n’est pas à l’image. Il s’agit d’un «hors champs» : c’est ce qui se trouve hors de la case.

3 – L’onomatopée : Bien connu de tous, l’onomatopée c’est un mot qui imite un son ; cela constitue le bruitage de la bande dessinée.

4 – La bordure : C’est ce qui délimite la case. Elles peuvent être, épaisses, tremblantes ou tout simplement inexistantes mais elles doivent être cohérentes avec la technique utilisé pour le dessin.

4 – La typographie, le lettrage : C’est la manière dont le texte est dessiné : taille de caractères, forme, épaisseur, disposition…
Il est conseillé en BD de travailler votre propre typographie et d’éviter au mieux les textes à l’ordinateur. Votre lettrage doit être cohérent et en harmonie avec votre dessin, c’est un tout. (Comme pour les bulles). Attention aussi à l’épaisseur de vos lettres, trop d’épaisseur peut indiquer qu’un personnage crie par exemple (voir l’exemple de la case plus haut).

Le sens de lecture !

Une information qui peut paraître basique et logique pour tous, mais en Bande Dessinée, il est important d’analyser un peu le sens de lecture car il joue un rôle essentiel sur la façon de mettre en scène vos images.

Une page BD, tout comme n’importe quelle image (publicité, illustration… ) se lit de haut en bas et de gauche à droite.

Comment l’oeil va lire une planche de BD grossièrement :

Notre oeil est éduqué à faire ce parcours. Et il est d’autant plus important de le garder en tête pour réaliser vos vignettes. L’ensemble de vos choix peut être réfléchit pour assurer un maximum de fluidité et de confort aux yeux de vos lecteurs :

Tout semble être à sa place, les éléments sont dans un ordre choisi pour que la lecture soit facilitée. Voyons voir si nous plaçons les éléments au hasard :

La lecture devient plus éprouvante, d’un coup. L’oeil est perturbé et se retrouve obligé de faire des ricochets pour savoir qui parle le premier ou même à qui appartient telle ou telle bulle.

Apprendre à lire et raconter entre les cases !

Il est assez évident de voir ce qu’il se passe dans les cases, mais l’essence de la BD est pourtant entre celles-ci ! C’est là où le temps s’écoule, nécessairement entre chaque case. Ces bons dans le temps que l’on devine s’appellent des ellipses temporelles.

1 seconde comme 1 milliard d’années peut s’écouler entre une case et une autre ! Là est la magie de la BD.

Les plans

L’échelle des plans

Comme pour le cinéma (d’où provient d’ailleurs le terme « plan »), il existe une multitude de façon de cadrer l’action, en fonction de ce sur quoi vous voulez mettre l’accent. Il s’agit de zoomer plus ou moins sur un personnage ou un décors et cela produit des effets variés.

Exemple ici avec le mage qui tente de vous effrayer, remarquons que l’effet est plus pertinent sur l’exemple 2 ! Révisons ensemble les différents plans en bande dessinée.

Le plan d’ensemble

C’est le plan le plus éloigné possible, il permet de décrire et situer un décor ou une foule de personnages. Il peut être pratique et nécessaire de débuter une histoire sur un plan d’ensemble, pour planter le décors et que le lecteur sache immédiatement ou se déroule votre histoire. Ou simplement pour une question d’ambiance.

Le plan général

Comme pour le plan d’ensemble, mais se rapproche encore un peu du ou des personnages. Comme l’indique son nom, il met l’accent sur le personnage comme le décors.

Le plan moyen

Ce plan isole un peu plus le ou les personnages, que l’on voit de la tête aux pieds. Il accorde un peu moins d’importance au décors. Il est bon d’utiliser ce plan pour présenter votre personnage principal dans son entièreté à vos lecteurs, dans les premières pages de votre récit.

Le plan américain

Le ou les personnages sont cadrés de la tête aux cuisses. Ce plan était beaucoup utilisé dans les westerns pour mettre en scène les duels aux revolvers, d’où le nom.

Le plan rapproché

Il cadre le personnage en buste. Souvent utilisé pour des conversations entre personnages.

Le gros plan

Comme son nom l’indique, il s’agit ici de zoomer encore plus. Il met en évidence un objet ou les sentiments d’un personnage.

Le très gros plan

Toujours plus grand, toujours plus fort ! Ce plan insiste sur un détail d’un personnage ou d’un objet.

Les angles

Le choix des angles de vue permet de créer un dynamisme, afin de varier les scènes. C’est comme si le lecteur était dans l’image, qu’il tenait une caméra et qu’il filmait les acteurs en se déplaçant. Encore une fois, rien n’est choisi au hasard et les angles permettent de traduire un état d’esprit ou une sensation.

La Plongée/Contre-plongée et Champ/Contrechamp

Plongée/contre-plongée

1. Une vue en plongée (vue de dessus) a tout d’abord l’intérêt de situer les personnages dans l’espace, les uns par rapport aux autres et par rapport à leur environnement.
Elle permet également de dramatiser une scène en donnant un sentiment d’écrasement, d’infériorité, voire de menace sur le sujet représenté : Exactement comme le cas de la première image.

2. La contre-plongée (vue de dessous) peut servir au contraire à magnifier le sujet, lui donner un aspect de supériorité et de domination.
Dans le cas de l’image 2, cela est aussi utilisé pour accentuer le côté écrasant du dinosaure

Le champ/contre-champ

Le “champ-contrechamp” ne constitue pas un angle de vue à proprement parler, mais plutôt une façon d’associer deux angles de vue immédiatement l’un à la suite de l’autre. Le “champ” est tout simplement l’image d’un angle de vue et le “contrechamp” sera la vision opposée du champ.

En reprenant notre exemple ci-dessus, «Cro-mignonne» est attaquée par le dinosaure, nous la voyons du point de vue de ce dernier dans la première image, puis la caméra change d’angle aussitôt et le lecteur se retrouve du point de vue du personnage.

La vue subjective

Appelée aussi «vue à la première personne». Elle a pour but de faire rentrer le lecteur dans les yeux d’un personnage afin de mieux l’impliquer, le lecteur n’est plus un simple spectateur, il prend part à l’action !

La couleur

Dans une bande dessinée, la représentation visuelle ne doit rien au hasard, le trait comme la couleur relèvent de choix artistiques. La couleur est autant le reflet de votre sensibilité que de la nature de votre récit. Le dessin et la couleur véhiculent des sensations, des émotions, ils racontent des choses.

L’utilisation de la couleur peut être intuitive mais il n’est pas inutile de revoir brièvement quelques éléments théoriques.

Couleur chaude, couleur froide…

On divise en deux catégories les couleurs : Les chaudes et les froides. Elles évoquent des sensations différentes. Les couleurs chaudes évoquent l’énergie et la chaleur. C’est toute la gamme des jaunes, orangés, rouges, roses. Les couleurs froides évoquent l’apaisement et la fraicheur. C’est toute la gamme des verts, bleus et violets.

La couleur peut être narrative

Les techniques de couleurs sont parfois fastidieuses, elles peuvent donc devenir un frein à votre créativité. En BD, le point le plus important reste de mener à bien votre récit, raconter une histoire et faire passer un message.

Dans cet exemple, la couleur est utilisée très simplement. Il s’agit de la même case mais nous pouvons ressentir différentes sensations en fonction de la teinte employée, une froide et une chaude.

À gauche, le ciel bleuté nous donne l’impression que les personnages contemplent le météore, par fascination et sans trop de dangers. À droite, le choix du rouge est beaucoup plus inquiétant, nous sentons plutôt que ce qui arrive est grave, les personnages sont désemparés.

La couleur peut aussi devenir un code et une aide à la narration. Prenons l’exemple simple d’une BD en noir et blanc, ou seule une teinte est permise, pour mettre en exergue certains éléments importants

Fin !